Préparer son jeu
Routine et échauffement : mieux préparer son jeu
Routine et échauffement au golf : préparer progressivement le corps et le jeu, retrouver ses repères et construire une routine simple avant chaque coup.
Par Jérôme
Arriver sur un parcours, sortir un club et essayer immédiatement de produire son meilleur coup est rarement la meilleure manière de commencer une partie.
Le corps a besoin de se mettre en mouvement, mais le joueur a aussi besoin de retrouver ses repères : le contact de balle, les distances, le rythme et surtout l’intention avec laquelle il va jouer.
Une bonne préparation ne consiste pas à chercher un swing parfait avant le départ. Elle sert surtout à se rendre progressivement disponible pour jouer.
S’échauffer ne signifie pas seulement frapper des balles
Lorsque l’on parle d’échauffement au golf, on pense souvent immédiatement au practice.
Pourtant, la première étape consiste simplement à remettre le corps en mouvement.
Quelques mouvements progressifs permettent de retrouver de l’amplitude, de mobiliser les principales articulations et d’éviter de commencer la séance ou la partie avec des gestes trop brusques.
Il n’est pas nécessaire de transformer cette préparation en séance physique complète.
L’objectif est simplement de passer progressivement d’un corps encore peu actif à un corps prêt à produire les mouvements nécessaires au jeu.
Ensuite seulement, les premières balles permettent de retrouver les sensations propres au golf.
Commencer doucement avant de chercher de la vitesse
Les premières balles ne devraient pas être les plus puissantes de la séance.
Des petits coups ou des swings d’amplitude réduite permettent de retrouver le contact, l’équilibre et le rythme sans chercher immédiatement la distance.
Puis l’amplitude peut augmenter progressivement.
Cette progression permet également d’observer comment le joueur se sent ce jour-là.
Certaines journées, les sensations reviennent immédiatement.
D’autres fois, il faut davantage de temps.
L’échauffement sert aussi à accepter cette réalité : le jeu du jour n’est pas toujours exactement celui que l’on imaginait avant d’arriver au golf.
Avant une partie, le practice n’est pas une séance de correction
C’est une erreur fréquente.
Une balle part mal, puis une deuxième, et le joueur commence immédiatement à chercher ce qu’il doit modifier dans son swing.
Il change un détail, puis un autre.
Quelques minutes avant le départ, il possède parfois davantage de questions qu’en arrivant.
L’objectif d’un échauffement avant une partie est différent de celui d’une séance d’entraînement.
Ce n’est généralement pas le meilleur moment pour reconstruire son mouvement.
Il est plus utile de retrouver quelques repères simples et d’observer les trajectoires que l’on produit ce jour-là.
Si la balle a tendance à partir légèrement à droite, il peut être plus efficace d’en tenir compte sur le parcours que d’essayer de transformer son swing dix minutes avant le départ.
Le petit jeu et le putting font partie de la préparation
Une partie de golf ne commence pas et ne se termine pas avec le driver.
Pourtant, certains joueurs consacrent presque tout leur échauffement aux longs coups.
Quelques approches permettent de retrouver le toucher et la réaction de la balle autour du green.
Le putting permet également de découvrir la vitesse des greens du jour.
L’objectif n’est pas de rentrer un maximum de putts avant de partir.
Il est surtout de retrouver une sensation de distance.
Cette préparation devient particulièrement utile sur les premiers trous, lorsque le joueur n’a pas encore eu beaucoup d’occasions d’observer la vitesse réelle des greens.
La routine commence avant le coup
Une routine n’est pas une succession de gestes à reproduire mécaniquement parce que tous les bons joueurs en possèdent une.
Elle sert à organiser ce qui se passe avant de frapper.
Observer la situation.
Choisir le coup.
Déterminer une cible.
Prendre le club.
Se préparer puis jouer.
Cette organisation permet de séparer deux moments importants : la décision et l’exécution.
Une fois la décision prise, il devient inutile de continuer à hésiter au-dessus de la balle.
Le joueur peut alors concentrer son attention sur ce qu’il veut réellement produire.
Une bonne routine doit rester simple
Plus une routine contient d’étapes, plus elle risque de devenir une contrainte.
Le but n’est pas de fabriquer un cérémonial identique à la seconde près.
Il s’agit plutôt de retrouver quelques repères réguliers.
Pour certains joueurs, cela peut être une visualisation de la trajectoire.
Pour d’autres, un regard précis vers la cible, un mouvement d’essai ou simplement une respiration avant de jouer.
Ce qui compte est que la routine aide le joueur à passer de l’analyse à l’action.
Elle doit donc être suffisamment stable pour créer un repère, mais suffisamment simple pour rester naturelle.
À retenir
- L’échauffement sert à mettre progressivement le corps et le jeu en mouvement, pas à rechercher immédiatement la performance.
- Avant une partie, mieux vaut retrouver ses repères que chercher à reconstruire son swing.
- Une routine efficace aide à prendre une décision puis à jouer avec une intention claire.
Faut-il avoir exactement la même routine à chaque coup ?
Pas nécessairement dans tous ses détails.
Un putt de deux mètres, un départ au driver et une sortie de bunker ne demandent pas la même préparation.
Mais la logique peut rester similaire.
Observer. Décider. Choisir une cible. Se préparer. Jouer.
Cette structure donne au joueur un cadre qu’il peut retrouver dans des situations très différentes.
Elle devient particulièrement utile lorsque la pression augmente ou après un mauvais coup.
Au lieu de rester concentré sur ce qui vient de se passer, le joueur revient simplement à la préparation du coup suivant.
La préparation permet aussi de découvrir son jeu du jour
Une bonne préparation ne sert pas seulement à « se chauffer ».
Elle donne des informations.
Comment la balle vole-t-elle aujourd’hui ?
Quelles distances semblent confortables ?
Quel est le rythme naturel du swing ?
Comment réagit la balle sur les approches ?
Quelle est la vitesse des greens ?
Ces observations peuvent influencer les décisions prises ensuite sur le parcours.
C’est également une manière de faire le lien avec ce que nous avons vu dans le Conseil consacré au passage du practice au parcours : ce que l’on produit à l’entraînement n’a de valeur que si l’on sait ensuite l’utiliser en situation réelle.
Préparer une partie ne signifie pas chercher la confiance à tout prix
Certains joueurs veulent absolument terminer leur échauffement sur plusieurs balles parfaites.
Ils continuent alors à frapper jusqu’à obtenir la trajectoire qu’ils espéraient.
Cela peut fonctionner.
Mais cela peut également créer l’idée qu’il faut se sentir parfaitement en confiance avant de pouvoir jouer correctement.
Sur un parcours, cette sensation n’est jamais garantie.
Une préparation utile doit surtout permettre au joueur de partir avec quelques informations et quelques repères, même si toutes les balles n’ont pas été parfaites.
La confiance peut aussi apparaître progressivement pendant la partie.
Passer à la pratique
Mettre ces repères en situation sur le parcours
Un parcours accompagné ou un Golf Day permet de travailler avec un Pro la préparation, la routine, les choix de coups et la manière d’utiliser son jeu dans des situations réelles.
Une routine doit finalement aider à penser moins
Au début, construire une routine demande un peu d’attention.
Mais avec le temps, elle doit produire l’effet inverse.
Le joueur n’a plus besoin de se demander en permanence ce qu’il doit faire avant chaque balle.
Il observe la situation, prend sa décision et retrouve naturellement quelques repères connus.
Une bonne préparation ne garantit pas de réussir le premier coup.
Une bonne routine ne garantit pas non plus de réussir tous les suivants.
Mais elles permettent d’aborder chaque balle dans de meilleures conditions et, surtout, de revenir plus facilement au jeu après ce qui vient de se passer.